Femmes ou hommes : tous punis sévèrement

Femmes ou hommes : tous punis sévèrement

Des condamnés à mort à Québec

Pierre Nicolas dit Lavallée trouve la mort par pendaison, pour vol à l’Hôtel-Dieu de Québec, le 2 juin 1667. Lavallée n’en était pas à son premier forfait. Il avait notamment effectué du troc d’eau-de-vie avec les Autochtones plusieurs fois. C’est pourquoi, cette fois, il est condamné à la peine capitale (Cellard, 2000).

Le 22 août 1675, Simon Raymond dit Deslauriers est condamné à mort pour vol, à L’Hôtel-Dieu de Québec. La sentence du Conseil souverain dit :

(…) Condamne ledit Deslauriers d’être enlevé des prisons par l’exécuteur de la haute justice et conduit au-devant de la porte de l’église de l’Hôtel-Dieu de cette ville, nu en chemise, la corde au col, et étant à genoux tenant en main une torche ardente, demander pardon à Dieu, au Roi et à la justice pour être entré dans la clôture des religieuses du dit Hôtel-Dieu et les avoir volées dans leur maison, et en outre être pendu et étranglé à une potence qui sera à cet effet dressée en la place publique de la basse ville (…).

Roy, 1930, p. 460

Ils ont eu la vie sauve, mais...

Pierre Renault dit Locat, accusé de vol au détriment de Nicolas Grisard Desormeaux, garde-manger du Roi à Québec, est « attaché sur le cheval de bois pendant une heure avec un poids de 6 livres attaché à chacun de ses pieds », le 15 février 1667.

Jacques Leblanc, accusé du vol de 13 minots de blé à Jacques Bris, reçoit 6 coups de verges sur la place publique de la haute ville de Québec et 6 autres coups en basse ville, le 30 avril 1667.

René Jouchon assiste à l’exécution de son complice Lavallée le 2 juin 1667 la corde au cou. Mais, il ne sera pas pendu. Il est fouetté en haute ville puis en basse ville. Par la suite, l’exécuteur de la haute justice lui imprime « une fleur de lys sur une épaule avec un fer chaud. Puis on le conduit en prison où il doit être détenu les fers aux pieds jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné » (Roy, 1930). Ce procédé du fer rouge est appelé flétrissure.

Jean Carré dit des Essarts subit également la meurtrissure des verges en haute et basse ville, le 6 juin 1667, pour avoir volé 292 livres à l’abbé Pommier. « L’exécuteur de la haute justice le conduit ensuite à la porte de l’église paroissiale de Québec où il fait amende honorable en la manière accoutumée » (Roy, 1930).

Si Simon Raymond dit Deslauriers est condamné à mort pour vol à L’Hôtel-Dieu de Québec le 22 août 1675, ses complices François Huguerre dit la Réjouissance, Simon Chapacou et Marie Pacault sa femme sont condamnés à différentes peines. Ils avaient eu l’imprudence d’acheter des objets qu’avait volés le condamné. Leur peine est donc :

Pour Huguerre, il doit assister, la corde au cou, à l’exécution de Deslauriers. Puis, il reçoit « dix coups de verges à chacun des carrefours ordinaires de la ville ». Pour finir, il doit servir pendant trois ans un maître qui lui sera indiqué. Marie Pacault reçoit pareillement et aux mêmes endroits les coups de verges. Elle doit, en plus, porter un billet au front sur lequel est inscrit maquerelle. Les autres complices ont été condamnés à des amendes et à la restitution des objets volés.

Pour l'exemple

Les peines infligées à l’époque, aussi horribles peuvent-elles paraître aujourd’hui, avaient leur raison d’être : il fallait dissuader ceux qui auraient eu des idées semblables et éviter la récidive. Ainsi, certains coupables sont marqués au fer rouge pour que leur punition les suive toute leur vie.

Cependant, nombreux peut-être sont ceux qui ont échappé à leur châtiment. En effet, les prisons en Nouvelle-France, outre d’être insalubres, ne sont pas très efficaces. Le 15 octobre 1730, Beauharnois et Hocquart écrivent au Ministre, le comte de Maurepas :

Vous devez être informé Monseigneur, que les prisons royales étaient si peu sûres, que les criminels, avant leur condamnation, avaient trouvé le secret de couper leurs fers et de rompre les grilles, par la communication qu’ils avaient avec les personnes du dehors par le moyen d’une fenêtre à rez-de-chaussée qui donnait dans une cour fermée simplement de pieus.

Lachance, 1966

En Nouvelle-France, d’après Cellard (2000), 80 personnes ont été exécutées, dont 69 qui ont été pendues.

Nous n’en avons mentionné que quelques-uns punis à Québec.

TRAVAUX CITÉS

Cellard, A. (2000). Punir, enfermer et réformer au Canada, de la Nouvelle-France à nos jours. Brochure historique(60). Récupéré sur En ligne

Lachance, A. (1966, Mars 4). Les prisons au Canada sous le Régime français. (I. d. française, Éd.) Revue d’histoire de l’Amérique française, 19(4). doi:https://doi.org/10.7202/302513ar

Roy, P.-G. (1930). Comment on punissait le vol à Québec . Dans P.-G. Roy, La ville de Québec sous le régime français (pp. 459-460). Québec: Archives du gouvernement de la province de Québec. Récupéré sur En ligne

Illustration : Géricault, Théodore (XVIIIe siècle). Supplicié et son bourreau. Récupéré sur https://commons.wikimedia.org

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