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Écrire tous les jours pour maîtriser l'art d'écrire

Dessin d'une femme pliée à la tâche qui tape à la machine posée sur une petite table

À quelle contrainte faut-il se plier pour maîtriser l’écriture? Est-ce par la lecture ou par l’écriture elle-même? Est-ce un peu des deux?

Existe-t-il une solution idéale pour qui se plaint de ne pas avoir le temps de lire ou celui qui a bien une idée de manuscrit, mais n’a jamais trouvé le temps de la coucher sur le papier?

De nos jours, pour excuser la « paresse » intellectuelle, on invoque nos vies trépidantes, bien réelles, il est vrai. Et puis, il y a eu l’école, celle qui nous a cloisonnés entre 4 murs pendant de longues années, assis sur une chaise inconfortable, et qui nous a « écœurés » de l’étude. Que les livres et l’écriture ne me rapprochent-ils pas de ce passé que j’ai eu tant de plaisir à quitter?

Pour écrire, il est nécessaire de faire des choix et quelques sacrifices pour en maîtriser l’art. Car tous les grands écrivains le diront : il faut écrire tous les jours, quelques phrases, un chapitre, pour s’améliorer et accoucher enfin, un jour, d’un livre. Et rares sont ceux qui peuvent se permettre de ne se consacrer qu’à l’écriture sans devoir mener de front un travail complémentaire et rémunérateur.

Écrire, mais écrire quoi?

« J’aimerais écrire, mais je n’ai pas d’inspiration. Je commence, mais après… ». Trop souvent, le manque de créativité est invoqué pour renoncer à l’écriture. L’impression d’écrire des banalités est décourageante. La sensation de la page blanche est frustrante. Après l’envol d’un premier jet qui laissait présager d’un écrit consistant, la rupture fatale dans l’élan annihile toute vocation pour l’écriture.

« Je ne suis vraiment pas doué », dira-t-on pour excuser ce renoncement.

Dans certains cas, cela est vrai. Mais peut-être oublie-t-on qu’écrire une fiction, un roman ou autre, ce n’est que raconter une histoire qui comporte un début, un milieu et une fin. Des histoires, n’en racontons-nous pas souvent, n’en vivons-nous pas tous les jours? Commençons donc pas poser quelques idées sur un sujet quelconque qui nous intéresse. Voilà le début d’un projet d’écriture.

Puis, écrivons tout ce qui nous passe par l’esprit jusqu’à satiété. Quand la source se tarit, arrêtons, nous y reviendrons le lendemain. Mais, le lendemain et les jours d’après, il faut absolument y revenir, parce que l’effort que nous demande d’écrire davantage de lignes, même celles qui, après coup, ne nous plaisent pas, est indispensable pour l’apprentissage. Nous les réécrirons.

Mais, vous êtes de ceux qui ont déjà un texte en préparation. Cependant, il vous arrive de ne pas être satisfait de votre prose. Votre histoire ne prend pas la tournure que vous avez souhaité. Parfois, vous êtes même complètement perdu et découragé. Las, vous êtes sur le point d’abandonner ce projet pour en entreprendre un autre, parce que vous êtes persuadé qu’avec cette nouvelle idée, tout ira forcément beaucoup mieux. Malheureusement, vous vous rendez vite compte que le cycle infernal recommence. Vous êtes de nouveau bloqué.

Taire son talent

La tentation est grande, lorsqu’on commence à écrire, parce qu’on a une géniale idée et que se dessine réellement le roman que l’on a tant imaginé, de crier sur les toits que l’on est écrivain et que l’on écrit. À propos de l’idée géniale, nous vous invitons à relire notre texte sur la nécessité d’un plan.

Collier et Spatz Leighton, dans Votre premier roman. Comment l’écrire et le faire publier (1991) expliquent :

Certains romanciers débutants ont avantage à ce que personne ne sache ce qu’ils écrivent, ni parfois même qu’ils écrivent. L’expérience m’a enseigné qu’il était presque toujours préférable de ne pas dévoiler l’intrigue de son roman, et de ne pas solliciter l’avis de ses amis ou de sa famille.

En effet, plusieurs raisons vous pousseraient à ne rien dévoiler de votre projet.

En premier lieu, parce qu’au moment où vous commencez à écrire, vous ne soupçonnez pas encore la somme de travail que vous allez devoir affronter. Vous n’imaginez pas les moments d’arrêts, les doutes, les renoncements et les recommencements. Lorsqu’on vous pressera de dire où vous en êtes, vous n’oserez pas avouer que cela n’avance pas comme prévu. Vous vous sentirez presque honteux d’avoir annoncé un projet qui vous occasionne tant de soucis.

En deuxième lieu, votre entourage aura certainement une foule de « conseils » ou d’idées à vous donner pour étoffer votre histoire. De ces conseils, certains seront peut-être bons. Mais ils ne vous aideront pas forcément à matérialiser votre concept à ce stade de votre travail. Peut-être même vous embrouilleront-ils au risque de vous décourager, car vous en perdrez votre fil.

Puis, la question : « As-tu été publié? » tombera. Vous devrez avouer que non, puisque vous n’avez même pas fini votre texte. Et vous verrez dans les yeux de celui qui vous l’a posée un voile de suspicion fort détestable.

Ainsi, il est préférable de taire son projet et de le mener patiemment et minutieusement, sans contrainte, sans pression, sans attente exceptionnelle des autres. Vous aurez le loisir de réécrire 10 fois s’il le faut ce passage ou ce chapitre, de prendre 2, 3 ou 10 ans pour écrire votre ouvrage. Le plaisir d’écrire écrasera dès lors la vanité. Votre fierté, à l’issue de votre laborieux travail dans l’ombre, en sera décuplée.

Le quota d'écriture

Écrire tous les jours pour s’améliorer, certes! Combien de pages ou de mots faut-il écrire? Il semblerait qu’Hemingway écrivait 500 mots par jour, tandis que Stephen King en écrit 2000.

L’auteur de polar Étienne Denis nous donne ces quelques chiffres :

Annabel Lyon (Le juste milieu) a progressé à raison de 200 mots par jour.

Tolkien a écrit le Seigneur des anneaux en 11 ans. C’est 250 mots par jour de travail.

Peter V Brett (The Painted Man) fait une moyenne de 1 000 par jour.

1 000 mots par jour est un chiffre qu’on entend souvent quand on parle à des auteurs.

Stephen King (Carrie, 11/22/63, It, The Shining) : 2 000 au début de carrière, plutôt 1 000 aujourd’hui.

Jonathan Maberry (NY Times bestseller qui a notamment écrit Patient Zero) fait 4 000 mots par jour.

Retenons de cela qu’il faut écrire régulièrement, ce qui ne suppose pas que tout sera parfait. Le quota de mots journalier encourage certaines personnes à poursuivre, car elles peuvent ainsi constater la progression de leur texte. Pour d’autres, s’imposer un nombre exact de mots à écrire n’est pas nécessaire, car la routine d’écriture installée, cela se fait naturellement.

S’astreindre à écrire tous les jours constitue cependant l’entraînement de l’écrivain au même titre que le musicien pratiquera ses gammes ou que le sportif fortifiera ses muscles. Si parfois l’écrivain ressent le besoin d’un repos ou s’il manque de temps, il compensera par de la lecture, par une réflexion sur la cohérence de son projet ou par de la correction syntaxique ou grammaticale de passages écrits les jours précédents.

On l’aura compris, il est nécessaire d’établir une routine d’écriture qui correspond à nos possibilités et à nos capacités, et de s’y tenir.

Quand écrire?

Chacun est maître du choix du moment de sa journée pour écrire, qui dépend grandement de son organisation de vie et de ses occupations. Nombreux sont ceux qui préfèrent écrire le matin, « à la fraîche » du temps et de l’esprit. Ce n’est cependant pas toujours possible. Mais là encore, nous retrouvons le mot « routine ». Quel que soit le moment de la journée que vous avez choisi pour écrire, respectez-le, faites-en un réflexe de la même manière que celui que vous avez pour vous brosser les dents.

Collier et Spatz Leighton, dans Votre premier roman. Comment l’écrire et le faire publier (1991) racontent :

Hemingway écrivait tous les matins; il travaillait debout s’il tapait son brouillon au propre ou assis, s’il s’agissait d’un premier jet qu’il écrivait à la main (…).

James Michener (…) écrit tous les jours, 7 jours par semaine (…). La routine de Michener est simple : il est debout à 7 h 30 et il lui faut environ 5 minutes pour se mettre au travail avec juste une pause pour prendre un verre de jus de pamplemousse.

(…)

Joseph Wambaugh, qui a écrit entre autres The New Centurions et The Blue Knight, aborde les choses sur le plan physique. Chaque matin, il s’oblige à courir deux milles et à écrire quatre pages à interligne double — soit mille mots — avant de prendre la moindre nourriture.

Mais, me direz-vous, ces écrivains vivent de leur plume! Oui, il est certain que ces écrivains n’ont pas à se soucier d’amener les enfants à l’école et d’arriver à l’heure au travail. Ce qui n’est pas le cas de la majorité d’entre nous.

Pour autant, cette contrainte, nous la connaissons dès le début. Nous savons que c’est le principal sacrifice à réaliser : couper dans des activités, s’isoler pour mener à bien notre projet d’écrire, faire accepter à notre entourage ce besoin de cultiver notre jardin personnel.

S’il n’est pas possible d’écrire tous les jours et encore moins de le faire le matin, imposez-vous la routine qui vous convient et maintenez-la.

L'importance de lire

Nous l’avons dit en début d’article, maîtriser l’écriture c’est aussi lire. Mais quoi lire et pourquoi? Faut-il s’enfiler tous les romans érotiques ou tous les romans historiques pour savoir comment en écrire un? Faut-il lire des guides sur le « comment écrire »? Faut-il tout avaler, n’importe quel genre pour s’imprégner de ce qui se fait ou de ce qu’il ne faut pas faire?

Il est pourtant vrai que lire permet de développer ses connaissances et ses compétences. On acquiert dès lors du vocabulaire ou des tournures de phrases. On est impressionné par la richesse des dialogues ou par la façon dont est menée l’intrigue. On peut également être déçu par un final ou par l’incohérence de la quête du personnage principal. Bref, on se nourrit du travail des autres.

Lire permet également d’approfondir sa culture générale. Sans cette dernière, nos scènes peuvent manquer de substance et de crédibilité.

De fait, si tout un chacun peut lire par plaisir, pour la détente que cela procure, un écrivain se devrait de lire avec un esprit critique, un œil inquisiteur, un esprit ouvert afin de déceler ce qui peut l’aider dans son propre travail.

Conclusion

Terminons ce texte avec les mots du journaliste et auteur Bernard Werber :

Écrire est un artisanat. Il faut avoir le goût à ça, puis l’entretenir régulièrement. Pas de bon écrivain sans rythme de travail régulier. Même si c’est une fois par semaine. Ensuite on est tout le temps à l’école. Chaque livre va nous enseigner un petit truc nouveau dans la manière de faire les dialogues, le découpage, de poser vite un personnage, de créer un effet de suspense. C’est ça l’artisanat.

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2 Commentaires

  • Jacques Publié le 31/07/2018 10:00

    Très bonne analyse et de précieux conseils. Merci.

  • Christine Sarpentier Publié le 06/08/2018 08:26

    Merci, Jacques, pour votre commentaire.

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