On s’en amuse encore! Bévues et drôleries

On s'en amuse encore! Bévues et drôleries

Image par Alexas_Fotos de Pixabay

Dans un précédent article intitulé Récréations littéraires, j’avais repris des passages d’un livre écrit en 1920 par Albert Cim : Récréations littéraires : curiosités et singularités, bévues et lapsus, etc. L’auteur a réalisé, dans son ouvrage, un impressionnant travail d’analyse littéraire. Il y a consigné différentes erreurs, souvent drôles, glanées dans des livres d’auteurs connus. Son but était de divertir ses lecteurs, ce qu’il réussit bien. D’une certaine façon, l’auteur invite également les écrivains à la prudence et à l’humour maîtrisé !

Voici quelques extraits supplémentaires tirés de ce livre, lesquels, j’espère, sauront vous faire sourire.

Opéra joué à Limoges

Une des scènes de cet opéra représente une nuit semée d’étoiles. La pièce commence ainsi :

« Soleil, vis-tu jamais une pareille nuit ? » (Musée des Familles, 1er décembre 1894)

Michel et Christine de Eugène Scribe (1991-1886)

Inadvertances et bévues dans ce roman :

« … sait souffrir et se taire… sans murmurer » ;

« D’avoir pu (le) tuer vivant ».

« Aux quatre coins de la machine ronde ».

Journal La Nation, 31 octobre 1890

L’expression « Les coins d’une assiette » faisait sourire à l’époque où les assiettes ne pouvaient qu’être rondes, car, aujourd’hui, il est vrai qu’il peut y en avoir de forme carrée !

D’où le petit dialogue suivant :

– Mon enfant, disait une mère à son petit garçon assis à table à côté d’elle, je t’ai déjà recommandé de ne pas mettre sur la nappe les noyaux de tes cerises ; on les dépose sur le coin de son assiette.

– Mais, maman, je ne peux pas le trouver, le coin de mon assiette !

Drôleries du théâtre d'Eugène Labiche (1815-1888)

« … J’ai fait sa connaissance dans un omnibus… Son premier mot fut un coup de pied » (Un chapeau de paille d’Italie).

« … Je n’aurai pas même une chaise à offrir à ma femme pour reposer sa tête » (Ibid.).

« C’est un moment bien doux pour un père, que celui où il se sépare de sa fille chérie, l’espoir de ses vieux jours, le bâton de ses cheveux blancs » (Ibid.).

« À Bordeaux, quand on aime, quand on distingue une jeune fille au spectacle, on ne s’informe ni de son rang, ni de son nom, ni de son sexe » (Un jeune homme pressé).

« Je vais me marier en Amérique ; n’ayant pas eu d’enfants dans ce monde, j’ai des chances pour en avoir dans l’autre » (Ibid.).

« - Vous nourrissiez déjà l’espoir…

– Et je le nourris toujours, monsieur ; je le nourris plus que jamais aujourd’hui… sans savoir, hélas ! Si j’en serai plus gras ! » (Deux papas très bien).

« Tiens ! Il est sourd notre correspondant ? C’est donc pour ça qu’il ne répond jamais à nos lettres » (Le voyage de M. Perrichon).

« – Est-ce que ça se mange des poissons rouges ?

– Pourquoi pas ? On mange bien des écrevisses » (Célimare le bien-aimé).

« Voulez-vous me permettre de faire son portrait à l’huile… et à l’œil ? » (La Main leste).

« Me croyant poète, j’ai commis des vers et, généralement, quand on commet des vers, on désire les lire à quelqu’un… peu de poètes ont le courage du vers solitaire ! » (La Chasse aux corbeaux).

Jeux de mots de journaliste: Henri Rochefort (1830-1913)

Propos tirés du journal La Lanterne ; journal critique et satirique qui était très populaire en son temps pour la qualité de ses pamphlets. Aujourd’hui, bien sûr, les sujets n’étant plus d’actualité, les tirades ont quelque peu perdu de leur saveur… quoique…

« La France contient trente-six millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement ».

« J’envoyai chercher une feuille de papier ministre, et j’écrivis à celui de l’Intérieur… ».

« La discussion du budget n’est pas encore entamée, mais le budget l’est déjà depuis longtemps ».

« Toute la suite du prince Napoléon à Constantinople vient d’être décorée par le sultan.

— Comment! Pas un n’a échappé au désastre ? »

« … Cette belle machine administrative que l’Europe nous envie. (Avez-vous remarqué que l’Europe nous envie énormément de choses, mais qu’elle ne nous prend jamais rien ?) ».

« … La cour des Tuileries ; ainsi nommée parce que c’est de là que nous arrivent les tuiles. »

Source : Albert Cim (1920). Récréations littéraires : curiosités et singularités, bévues et lapsus, etc. Paris : Librairie Hachette. 256 pages. gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

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